Macro gestion des ressources humaines
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MACRO GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
Chaque entreprise puise dans les ressources humaines globales censées pourvoir à tout.
Ce supposé grand réservoir ne peut satisfaire toutes les attentes qualitatives et quantitatives. Comme tout autre système, le marché de l’emploi est un assemblage de sous-systèmes qui, même optimaux, ne sauraient constituer un système optimal.
Les ressources humaines sont gérées par des organismes interdépendants dont les dirigeants revendiquent l’indépendance.
Sous le contrôle de diverses autorités ministérielles, les structures d’enseignement accueillent à tous niveaux des élèves de toutes provenances.
Depuis l’école maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur, une infinité d’établissements se partagent enseignements, enseignants et enseignés qu’elles écoulent dans des cursus entrecroisés non toujours coordonnés ni complémentaires.
Les programmes sont définis par des organismes catégoriels et sectoriels d’une grande diversité. (Commission des titres d’ingénieur, Commission de la certification professionnelle, Commission d’équivalence des diplômes, Conseils de perfectionnement des établissements, Conférence des grandes écoles…)
Des cursus séquencés et fractionnés facilitent des ajustements mutuels entre les goûts et les résultats des élèves. Les capacités d’accueil des établissements et les besoins de l’aval utilisateur sont plus ou moins bien perçus, anticipés, exprimés.
Malgré les « numérus clausus», les ajustements sont plutôt qualitatifs. Ils ne sont pas toujours pratiqués en collaboration avec les entreprises dont le nombre et la diversité alourdissent toute concertation. Le choix des programmes est souvent réalisé en circuit fermé par les enseignants en fonction de l’idée que, de l’extérieur, ils se font de l’économie et de ses besoins.
Une macro gestion des ressources humaines appelle un volet quantitatif. Elle doit servir une multitude de décideurs, collectifs ou individuels, jaloux de leur autonomie.
Malgré tous ses efforts, la collectivité ne peut maîtriser la démographie générale, les migrations, la définition des enseignements, l’orientation professionnelle et son corollaire de la sélection. La somme des décisions individuelles prime sur les intentions politiques.
Les pouvoirs publics étudient, légifèrent et agissent dans le cadre qui leur est dévolu par les institutions. L’art politique en charge de la globalité des offres et demandes ne peut espérer contenter tout le monde car chaque partie-prenante voit midi à sa porte.
L’observateur de nos tâtonnements nationaux se prend à regretter qu’il manque une sorte de macro gestion des ressources humaine qui coordonnerait les efforts. Mais notre république jacobine est habile à créer des usines à gaz bureaucratiques et à compliquer, obscurcir et retarder le traitement des problèmes en les érigeant en problématiques.
Des progrès pourraient être obtenus en développant dans la plus grande université de chaque région une unité ayant pour vocation de devenir un observatoire des flux et des cursus, un institut de recherche, d’enseignement, d’orientation et de concertation.
La description des contenus, la modélisation des cursus et des liens entre les disciplines, la qualification et la quantification des flux et des présences dans les cycles, l’inventaire des diplômes et des débouchés permettraient d’éclairer les responsables et les parties prenantes d’une gestion globale prospective et concertée des ressources humaines.
On objectera qu’il est peu réaliste de prétendre maîtriser à brefs délais des phénomènes aussi complexes et imbriqués. C’est une raison de s’y engager sans tarder. On pourrait commencer par une expérimentation régionale. Cette structure serait ensuite « clonée », généralisée et mise en réseau par la diffusion des acquis, notamment dans les bases de données, la synthèse et l’échange d’informations, les logiciels, les modèles de simulation
La mécanique des fluides, la météorologie, les « méthodes des éléments finis » pourraient fournir une panoplie d’analogies constructives. Ainsi pourrait naître et progressivement se développer un sous-système de contrôle et de commande d’un vaste système de gestion qui manque de capteurs, d’indicateurs…et de cohérence.
L’homme a toujours été inventif pour forger des outils de prévision de l’imprévisible. Cartes du ciel, cartes à jouer, entrailles des oiseaux, boules de cristal, marc de café…Quoi d’autre ? ( What else ? Dirait-on en bon français publicitaire.)
Les prévisionnistes politiques ne voient rien venir. Les financiers adorent les embrumer.
C’est ainsi que nous vivons dans un système tatillon, qui avance à tâtons.
Pierre Auguste
Le 25 janvier 2012















